CHOISIS TON ÉPOQUE ET VA À LA RENCONTRE DE TON CRÉATEUR
Ramadan (également orthographié Ramadhan) est le neuvième mois du calendrier lunaire islamique. C'est le mois le plus sacré de l'année pour les musulmans.
Voici une explication de ce qu'est le Ramadan, pourquoi il est important et comment il est observé.
Qu'est-ce que le Ramadan ?
Pour les musulmans, le Ramadan commémore la révélation du Coran au prophète Mohammed. C'est un mois de jeûne, de prière, de réflexion et de communauté.
Le Jeûne (Saoum)
L'observation la plus connue du Ramadan est le jeûne.
· Qui jeûne ? Le jeûne est obligatoire pour tous les musulmans adultes en bonne santé. Les enfants, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, allaitantes ou menstruées en sont exemptés.
· Les modalités : De l'aube (juste avant le lever du soleil) jusqu'au coucher du soleil, les musulmans s'abstiennent de manger, de boire, de fumer et d'avoir des relations sexuelles.
· Le but : Le jeûne n'est pas seulement un effort physique. C'est avant tout un acte d'adoration. Il vise à :
· Développer la piété et la conscience de Dieu (Allah).
· Apprendre la maîtrise de soi et la discipline.
· Ressentir de l'empathie pour les personnes pauvres et affamées.
· Se purifier spirituellement et se concentrer sur sa foi.
Les Rituels et la Vie Quotidienne pendant le Ramadan
La vie quotidienne change considérablement pendant ce mois.
· Repas :
· Suhour (ou Sehri) : C'est le repas pris avant l'aube, avant que le jeûne ne commence. Il est souvent léger mais nutritif pour tenir toute la journée.
· Iftar : C'est la rupture du jeûne au coucher du soleil. Traditionnellement, on rompt le jeûne en mangeant des dattes et en buvant de l'eau ou du lait, en suivant l'exemple du prophète Mohammed. Ensuite, un repas plus copieux est pris, souvent en famille ou entre amis.
· Prière et Spiritualité :
· Tarawih : Chaque soir, après la prière de la nuit (Isha), une prière spéciale appelée Tarawih est récitée dans les mosquées, durant laquelle de longs passages du Coran sont lus.
· Lecture du Coran : Beaucoup de musulmans essaient de lire l'intégralité du Coran au moins une fois pendant le mois.
· Charité (Zakat et Sadaqa) : La générosité et les dons aux pauvres sont particulièrement encouragés pendant le Ramadan.
La Nuit du Destin (Laylat al-Qadr)
C'est la nuit la plus importante du Ramadan. On pense que c'est la nuit où les premiers versets du Coran ont été révélés au prophète Mohammed. Elle est décrite dans le Coran comme "meilleure que mille mois". Les musulmans passent cette nuit à prier et à chercher la miséricorde de Dieu. Elle tombe généralement l'une des dix dernières nuits impaires du mois (par exemple, la 21e, 23e, 25e, 27e ou 29e nuit).
La Fin du Ramadan : L'Aïd el-Fitr
La fin du Ramadan est marquée par une grande fête appelée l'Aïd el-Fitr (la fête de la rupture du jeûne).
· Début : L'Aïd commence avec l'observation de la nouvelle lune.
· Célébrations : C'est un jour de joie et de gratitude. Les musulmans se rendent à une prière spéciale le matin, portent leurs plus beaux vêtements, échangent des cadeaux et des vœux, et partagent de grands repas avec leur famille et leurs amis. Avant la prière de l'Aïd, une charité spécifique (Zakat al-Fitr) doit être donnée aux pauvres afin que tout le monde puisse célébrer.
En résumé, le Ramadan est bien plus qu'un simple mois de jeûne. C'est une période de renouveau spirituel, d'auto-discipline, d'empathie et de renforcement des liens communautaires et familiaux pour les musulmans du monde entier. ---
Sommaire de l'ebook : Ramadan
Titre : Ramadan : Aux Origines du Cosmos, du Temps et de l'Homme
Introduction Générale
· Présentation de l'ouvrage : Une exploration transdisciplinaire.
· Le Ramadan, bien plus qu'un mois de jeûne : Une clé de compréhension de l'univers et de notre place en son sein.
· Méthodologie : Croiser les sources révélées (Coran, Torah, Évangile, Psaumes, Hadiths) et les découvertes scientifiques pour une vision holistique. ---
I. LE COSMOS : GENÈSE, STRUCTURE ET FINALITÉ
Chapitre 1 : L'Acte Créateur Originel
1.1. Le Récit de la Création dans le Coran et les Hadiths Qudsi : "Il fut un temps où rien n'était" .
1.2. La Conception du Monde dans la Torah de Moïse : Les fondements de la Création (Bereshit).
1.3. La Parole Créatrice dans l'Évangile de Jésus : "Au commencement était le Verbe" (Jean 1:1).
1.4. Les Psaumes de David : La Célébration de l'Ordre Cosmique (Zabur).
1.5. Regards Croisés : L'univers comme signe (ayah) de Dieu et son expansion (Coran, 51:47) face aux modèles cosmologiques modernes (Big Bang).
Chapitre 2 : La Structure du Temps et de l'Espace
2.1. Les Jalons du Temps : Le Soleil et la Lune comme calcul pour les hommes et le jeûne (Coran, 10:5). Réflexion sur les cycles cosmiques.
2.2. L'Alternance des Jours et des Nuits : Un signe pour ceux qui savent réfléchir.
2.3. Les Sept Cieux et la Terre : Hiérarchie cosmologique dans la tradition islamique.
2.4. Le Trône (Al-'Arsh) et le Tabernacle : Correspondances entre le céleste et le terrestre dans les livres révélés. ---
II. LE MONDE : L'HISTOIRE DES MILLÉNAIRES
Chapitre 3 : L'Humanité Avant l'Islam
3.1. Le Jeûne chez les Anciens : Des pratiques préislamiques (Égypte ancienne, Mésopotamie) à la tradition d'Abraham .
3.2. Les Arabes avant l'Islam (Jahiliya) : Le calendrier lunaire, les mois sacrés et l'existence du mois de "Ramadan" (ou "Natiq") dans la péninsule arabique .
3.3. Le Sens Étymologique de "Ramadan" : La "chaleur brûlante" (ar-ramad) et ses interprétations : soif de l'humanité, brûlure des péchés .
Chapitre 4 : La Révélation des Livres dans l'Histoire
4.1. Les Feuillets (Suhuf) d'Abraham : Un monothéisme primordial.
4.2. La Torah de Moïse : Révélée comme "lumière et guide".
4.3. Les Psaumes de David (Zabur) : L'inspiration poétique et prophétique.
4.4. L'Évangile de Jésus ('Isa) : Message de compassion et de spiritualité.
4.5. La Révélation du Coran : Le point culminant. Le mois de Ramadan comme moment de la descente de la Guidance (Coran, 2:185) .
Chapitre 5 : Les Grands Événements du Mois de Ramadan à Travers l'Histoire
5.1. Les grandes batailles décisives (Badr, Fath Makkah) .
5.2. Naissances et disparitions des prophètes et des saints selon la tradition (Hussein, Khadija) .
5.3. Le destin de l'année scellé durant Laylat al-Qadr : Une conception sacrée du temps cosmique . ---
III. L'HUMAIN : RÔLE, MISSION ET DEVENIR
Chapitre 6 : La Création de l'Homme et Sa Nature
6.1. Adam : Modelé de terre, animé du souffle divin.
6.2. L'Homme, Khalife (vice-gérant) sur Terre : Sa responsabilité fondamentale envers le monde (Coran, 2:30).
6.3. La Faiblesse et la Noblesse de l'Être Humain : Un être de contrat et de libre-arbitre.
Chapitre 7 : Le Rôle de l'Humain : La Purification et la Construction
7.1. Le Jeûne (Siyam) Comme École de Spiritualité : Développer la piété (taqwa) pour mieux gérer le monde .
7.2. La Prière (Salat) et la Lecture du Coran : Nourrir l'âme pour élever la conscience .
7.3. La Charité (Zakat et Sadaqa) : Rôle social de l'homme : purifier ses biens et établir la justice économique .
7.4. Hadith Qudsi : "Le jeûne est à Moi, et c'est Moi qui le récompense" : La relation intime entre l'homme et son Créateur, au-delà de toute mesure .
Chapitre 8 : La Quête de Sens et la Science
8.1. L'Observation du Croissant Lunaire (Hilal) : Un acte de foi allié à la raison et à l'astronomie .
8.2. La Nuit du Destin (Laylat al-Qadr) : Paix et descente des anges. Le mystère de son moment et sa réalité cosmologique .
8.3. Médecine et Jeûne : Les bienfaits physiques de l'abstinence vus par la science moderne (autophagie, etc.).
8.4. Foi et Science : Vers une réconciliation ? Le Coran comme source de connaissance pour "ceux qui raisonnent" .
Chapitre 9 : L'Ultime Destination
9.1. La Mort et la Résurrection : Préparer l'au-delà dès ici-bas.
9.2. Le Jugement Dernier : La balance des œuvres.
9.3. La Vie Future (Jannah/Enfer) : La finalité du voyage humain.
Conclusion Générale
· Synthèse : L'homme est au centre d'un cosmos créé avec un dessein.
· Le Ramadan, un microcosme de l'existence : Apprendre à mourir au monde pour renaître à l'esprit.
· Invitation à la réflexion et à l'action pour une gérance éclairée et pieuse de la Terre.
Annexes
· Lexique des termes arabes et hébraïques cités.
· Index des versets coraniques et bibliques.
· Bibliographie sélective (ouvrages d'exégèse, de théologie comparée, et articles scientifiques). ---
Méthodologie pour trouver des sources multimédias fiables
Comme vous l'avez constaté, les liens directs peuvent devenir obsolètes. Voici comment procéder pour trouver des ressources de qualité en utilisant les mots-clés de votre sommaire.
1. Pour les Vidéos (Conférences, Documentaires)
· Plateforme : YouTube (la plus grande bibliothèque).
· Mots-clés à utiliser :
· "Conférence Pr. Mohammed Hamidullah Ramadan" (pour l'histoire).
· "Rachid Eljay cosmologie coranique" (pour le thème de l'univers).
· "Documentaire Big Bang et Coran"
· "Fr. Christian (Jésuite) et Fr. Musulman dialogue origine du monde" (pour le comparatisme).
· "Lire la Torah et l'Évangile avec un imam"
· Astuce : Filtrez les résultats par "Playlists" pour trouver des séries complètes sur un sujet. Privilégiez les chaînes d'institutions reconnues (Institut du Monde Arabe, mosquées officielles, universités).
2. Pour les Fichiers Audio (Podcasts, Cours)
· Plateforme : Spotify, Deezer, Apple Podcasts, ou SoundCloud.
· Mots-clés à utiliser :
· "Podcast histoire des religions"
· "Cours Tawhid (Unicité divine) et création"
· "Récits des prophètes (histoire de Moïse, Jésus, Abraham)" (audio)
· "Enseignement Sciences et Foi"
· Astuce : Recherchez les podcasts d'universités ou de radios nationales (comme France Culture) qui ont des séries entières sur les monothéismes.
3. Pour les Documents de Recherche (PDFs, Articles Académiques)
· Plateforme : Google Scholar (scholar.google.fr), Cairn.info, Academia.edu, et les bibliothèques universitaires en ligne.
· Mots-clés à utiliser (en français et anglais pour plus de résultats) :
· "Origine du jeûne sémitique" / "Fasting in Judaism and Christianity"
· "Cosmologie coranique" / "Quranic cosmology"
· "Intertextualité Bible Coran" / "Intertextuality Bible Quran"
· "Laylat al-Qadr sacred time"
· "Calendrier lunaire préislamique"
4. Pour les Images (Schémas, Manuscrits)
· Plateforme : Gallica (Bibliothèque nationale de France), Wikimedia Commons.
· Mots-clés :
· "Manuscrit enluminé Moïse"
· "Sphères célestes cosmologie islamique"
· "Carte du monde d'Al-Idrissi"
· "Astrolabe musulman" (pour le calcul du temps)
En utilisant ces mots-clés sur les bonnes plateformes, vous accéderez directement à un contenu riche, vérifié et souvent hébergé par des institutions, donc bien plus stable dans le temps. Bonne rédaction pour cet ebook passionnant !
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Présentation de l'ouvrage : Une exploration transdisciplinaire
Cet ouvrage que vous tenez entre vos mains, ou que vous découvrez sur votre écran, propose une aventure intellectuelle et spirituelle sans précédent. Il ne s'agit pas d'un livre de plus sur le Ramadan, détaillant les règles du jeûne ou les traditions culinaires iftar après iftar. Non. L'ambition de ce travail est autrement plus vaste, plus profonde, et peut-être même plus audacieuse.
Ramadan : Aux Origines du Cosmos, du Temps et de l'Homme se veut une exploration transdisciplinaire. Qu'est-ce à dire ? C'est l'idée que pour comprendre pleinement un phénomène, ici le mois sacré des musulmans, il ne suffit pas de l'enfermer dans une seule discipline : ni seulement la théologie, ni seulement l'histoire, ni seulement la science. Il faut au contraire tisser des ponts, établir des correspondances, oser le dialogue entre des domaines que notre époque moderne a malheureusement séparés.
Ainsi, nous marcherons sur un fil tendu entre plusieurs rives :
· La rive des textes sacrés : Le Coran bien sûr, mais également la Torah de Moïse, l'Évangile de Jésus, les Psaumes de David, et les Hadiths du Prophète Mohammed. Ces livres ne sont pas pour nous de simples documents historiques, mais des paroles vivantes qui éclairent le mystère de l'existence.
· La rive de l'histoire : Celle des civilisations, des peuples, des révolutions spirituelles qui ont façonné notre humanité commune.
· La rive de la science contemporaine : Cosmologie, astrophysique, biologie, médecine. La science moderne, dans sa quête de vérité, rejoint parfois, sans le savoir, des intuitions millénaires contenues dans les Révélations.
Pourquoi une telle approche ? Parce que le sujet lui-même l'exige. Le Ramadan n'est pas un mois ordinaire. Il est, comme nous le verrons, un point de convergence où se rencontrent le temps des hommes et le temps de Dieu, l'histoire individuelle et l'histoire cosmique, la matière et l'esprit.
Le Ramadan, bien plus qu'un mois de jeûne : Une clé de compréhension de l'univers et de notre place en son sein
Pour beaucoup, le Ramadan se résume à une pratique : s'abstenir de manger, de boire et d'avoir des relations conjugales de l'aube au coucher du soleil. Une discipline physique, exigeante certes, mais limitée dans le temps et dans ses effets. Pourtant, réduire le Ramadan à cette seule dimension reviendrait à contempler la coque d'une noix sans jamais goûter son fruit.
Le Ramadan est, dans la tradition islamique, bien plus qu'un pilier de l'islam. Il est une clé, un sésame pour ouvrir des portes que nous croyions fermées.
Une clé pour comprendre l'univers
Le Coran nous enseigne que Dieu a créé les cieux et la terre en six jours, et que Sa science embrasse toute chose. Mais comment l'homme, créature limitée dans le temps et l'espace, peut-il appréhender cette immensité ? Le Ramadan lui offre un cadre. C'est pendant ce mois que la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr) survient, une nuit décrite comme "meilleure que mille mois". Une nuit où le temps ordinaire est suspendu, où le voile entre le ciel et la terre s'amincit, où les anges descendent. En vivant cette nuit, le croyant fait l'expérience, de manière mystérieuse mais réelle, d'une autre dimension du temps et de l'espace.
Une clé pour comprendre notre place dans le monde
L'homme n'est pas un accident dans l'univers. Le Coran le nomme khalifa, "lieutenant" ou "vice-gérant" sur Terre. Il a reçu un mandat : peupler la terre, l'organiser, la préserver, et y établir la justice. Mais pour exercer cette fonction sublime, il doit d'abord se purifier, se connaître lui-même. Le jeûne du Ramadan est l'école de cette purification. En s'abstenant des besoins les plus légitimes (nourriture, boisson, relations conjugales), l'homme apprend qu'il n'est pas seulement un corps, mais aussi un esprit. Il découvre sa dépendance totale envers le Créateur et, paradoxalement, sa liberté intérieure. Il mesure sa fragilité et, partant, développe de l'empathie pour ceux qui sont fragiles. Ainsi, le jeûne n'est pas une fuite du monde, mais une préparation à y agir justement.
Une clé pour comprendre le temps
Le calendrier musulman est lunaire. Le mois de Ramadan commence avec l'apparition du nouveau croissant et se termine avec le suivant. Ce choix n'est pas anodin. Le soleil rythme nos journées, nos années, nos saisons. Mais la lune, avec ses phases, nous parle d'autre chose : de cycles, de mort et de renaissance, de mystère. Le Ramadan nous place sous le signe de ce temps cyclique, plus proche du temps intérieur, du temps de l'âme, que du temps linéaire et productiviste de nos montres. C'est une invitation à ralentir, à contempler, à vivre chaque instant comme un don.
Méthodologie : Croiser les sources révélées (Coran, Torah, Évangile, Psaumes, Hadiths) et les découvertes scientifiques pour une vision holistique
Une telle ambition exige une méthode rigoureuse. Comment parler à la fois du Coran et du Big Bang, des Psaumes de David et de l'évolution des espèces, sans tomber dans la confusion ou le syncrétisme facile ? Voici les principes qui guideront notre cheminement.
1. La hiérarchie des sources et leur traitement respectueux
Chaque source sera abordée selon sa nature propre, avec le respect qui lui est dû par ses fidèles, mais aussi avec l'honnêteté intellectuelle de l'historien et du chercheur.
· Le Coran : Considéré par les musulmans comme la parole littérale de Dieu révélée au Prophète Mohammed (que la paix et le salut soient sur lui). Nous le citerons abondamment, en nous appuyant sur les traductions reconnues et en consultant les exégèses classiques (Tafsir) pour éclairer le sens des versets.
· Les Hadiths : Recueil des paroles, actions et approbations du Prophète Mohammed. Ils constituent la seconde source de l'islam et nous aideront à comprendre comment le Ramadan était vécu et enseigné par le Prophète lui-même.
· La Torah (les Cinq Livres de Moïse) : Livre sacré du judaïsme, reconnu par l'islam comme une Révélation authentique, bien que considérée comme ayant subi des altérations au fil du temps. Nous l'aborderons avec respect, en montrant les continuités et les différences avec le message coranique.
· L'Évangile (Injil) : Message révélé à Jésus ('Issa), que l'islam vénère comme un grand prophète et le Messie. Nous nous référerons aux Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc, Jean) tels qu'ils sont lus par les chrétiens, tout en gardant à l'esprit la perspective coranique sur Jésus.
· Les Psaumes (Zabur) : Livre de louanges et de prières attribué au prophète David (Daoud). Nous y puiserons l'expression de la foi et de la contemplation.
2. Le dialogue avec la science
Notre approche ne sera ni celle du concordisme forcé (qui veut à tout prix trouver la science dans les textes sacrés), ni celle du rejet (qui oppose foi et raison). Nous adopterons une posture de dialogue respectueux et éclairé.
· La science comme outil de compréhension : La science moderne, avec ses découvertes sur l'origine de l'univers (Big Bang), l'expansion du cosmos, la structure de la matière, ou encore les bienfaits physiologiques du jeûne, nous offre des clés pour mieux apprécier la profondeur de certains versets.
· La distinction des registres : Le Coran n'est pas un manuel de science. Il est un livre de "signes" (ayat). Lorsqu'il parle des phénomènes naturels, c'est pour inviter à la réflexion, à la contemplation du Créateur, et non pour exposer une théorie physique complète. La science décrit le "comment" des choses ; la Révélation éclaire le "pourquoi" et le "sens".
· L'honnêteté intellectuelle : Lorsque la science actuelle n'a pas de réponse, ou lorsque ses conclusions semblent contredire une interprétation littérale des textes, nous le dirons clairement. Nous montrerons les débats, les hypothèses, les zones d'ombre. La foi n'a pas peur de la vérité, elle l'accueille.
3. Une vision holistique, non syncrétique
Le but n'est pas de mélanger toutes les traditions pour en faire une bouillie informe, mais de montrer leur unité profonde dans la diversité de leurs expressions. Il s'agit de retrouver le fil d'or qui relie Abraham à Moïse, de Moïse à Jésus, de Jésus à Mohammed, et de tous les prophètes à la quête de vérité de l'humanité.
Cette vision holistique considère l'univers, l'homme et la Révélation comme un tout cohérent, comme les différentes facettes d'un même diamant. Chaque facette reflète la lumière à sa manière, mais toutes renvoient à la même Source unique.
4. Un guide pour la recherche personnelle
Enfin, cet ouvrage n'entend pas clore le débat, mais l'ouvrir. Il se veut un point de départ, une invitation à aller plus loin, à vérifier par soi-même, à lire les textes, à interroger les savants, à observer le ciel étoilé, à jeûner peut-être, pour expérimenter par soi-même ce dont il est question.
Car la vérité, si elle peut être exposée dans un livre, ne peut être pleinement saisie que par une quête personnelle, sincère et exigeante. Puisse ce livre être un compagnon sur ce chemin.
Ainsi commence notre voyage. Un voyage qui nous mènera des profondeurs du cosmos aux recoins les plus intimes de l'âme humaine, des origines du temps à la Nuit du Destin, des récits des prophètes aux découvertes des laboratoires. Un voyage pour tenter de répondre à la question la plus ancienne et la plus neuve : Qui sommes-nous, et que faisons-nous ici ?
Bismillah ar-Rahman ar-Rahim. (Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.)
I. LE COSMOS : GENÈSE, STRUCTURE ET FINALITÉ
Avertissement au lecteur
Avant d'entamer ce premier chapitre, il est nécessaire de rappeler la position qui guide cet ouvrage concernant les Écritures antérieures au Coran. La Torah, les Psaumes et l'Évangile sont ici considérés comme des livres révélés à l'origine à Moïse, David et Jésus (que la paix soit sur eux). Toutefois, conformément à l'enseignement islamique, nous tenons compte du fait que ces Écritures nous sont parvenues à travers des transmissions humaines ayant pu subir des altérations, des ajouts ou des omissions au fil des siècles. Nous les citons donc à titre de témoignages historiques et spirituels, en accord avec ce que le Coran confirme, et non comme la parole divine littéralement préservée jusqu'à nous. ---
Chapitre 1 : L'Acte Créateur Originel
1.1. Le Récit de la Création dans le Coran et les Hadiths Qudsi : "Il fut un temps où rien n'était"
L'univers a-t-il toujours existé ? Cette question, l'humanité se la pose depuis qu'elle a conscience d'elle-même. Le Coran apporte une réponse claire et profonde, qui rejoint étonnamment certaines découvertes de la cosmologie contemporaine.
Le Coran et l'origine de l'univers
Le Coran affirme avec force que Dieu est le Créateur de toutes choses. Il n'y a pas d'éternité de la matière, pas de hasard créateur. L'univers a eu un commencement, et ce commencement est un acte divin.
"Il est le Créateur des cieux et de la terre à partir du néant" (Coran, 2:117)
Le terme arabe utilisé ici est badî', qui évoque l'idée d'une création ex nihilo, sans modèle préexistant, une innovation absolue. Dieu n'a pas façonné un univers à partir d'une matière première éternelle : Il a créé la matière elle-même.
Un autre verset fondamental, et l'un des plus commentés par les savants musulmans confrontés aux découvertes scientifiques modernes, est le suivant : "Ceux qui ont mécru n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Ensuite, Nous les avons séparés et Nous avons fait de l'eau toute chose vivante. Ne croiront-ils donc pas ?" (Coran, 21:30)
Le terme arabe ratq désigne quelque chose de compact, de fusionné, d'inextricablement lié. Dieu a ensuite procédé à une séparation (fatq). Pour de nombreux exégètes contemporains, ce verset évoque l'idée d'un état initial unique et indifférencié de l'univers, suivi d'une "explosion" ou d'une séparation créatrice. La mention de l'eau comme origine de toute vie vivante est également frappante : la science moderne a confirmé que l'eau est effectivement le berceau de la vie, et qu'elle est indispensable à son apparition et à son maintien.
L'expansion de l'univers L'un des versets les plus commentés dans le dialogue entre islam et cosmologie est le suivant : "Le ciel, Nous l'avons construit avec une grande force et Nous l'étendons [ou l'élargissons] constamment" (Coran, 51:47)
Le verbe mûsi'ûn (Nous étendons, Nous élargissons) est au présent continu, indiquant une action qui se poursuit. La découverte de l'expansion de l'univers par Edwin Hubble en 1929 est l'une des grandes révolutions de la cosmologie moderne. Elle a montré que les galaxies s'éloignent les unes des autres, et que l'univers est en expansion constante. Près de quatorze siècles avant cette découverte, le Coran mentionnait ce phénomène.
Les Hadiths Qudsi sur la création
Les Hadiths Qudsi sont des paroles où le Prophète Mohammed (paix et salut sur lui) rapporte directement les paroles de Dieu, sans qu'elles fassent partie du Coran récité. Parmi eux, certains éclairent le mystère de la création avant la création : "Dieu était et il n'y avait rien d'autre que Lui. Son Trône était sur l'eau. Il écrivit ensuite dans le Dhikr (le Livre préservé) toutes choses, puis Il créa les cieux et la terre." (Rapporté par Al-Bukhari)
Ce hadith nous apprend plusieurs choses essentielles :
· L'éternité de Dieu seul, avant toute chose créée.
· L'existence du Trône (Al-'Arsh) et de l'eau comme premières créations, dans un ordre que Dieu connaît.
· La prédestination de toutes choses dans le Livre préservé (Al-Lawh al-Mahfuz), avant même la création des cieux et de la terre. ---
1.2. La Conception du Monde dans la Torah de Moïse : Les fondements de la Création (Bereshit)
La Torah, dans son premier livre appelé Genèse (Bereshit en hébreu, "Au commencement"), s'ouvre sur un récit de la création du monde en six jours, suivi d'un jour de repos. Voici les premiers versets tels qu'ils sont rapportés dans la tradition juive et chrétienne : "Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut." (Genèse 1:1-3)
Ce texte, dans sa version actuelle, présente des similitudes frappantes avec certains éléments coraniques et islamiques :
· La création ex nihilo ("Au commencement, Dieu créa").
· L'état initial "informe et vide" qui évoque la "masse compacte" (ratq) du Coran.
· La présence des "eaux" primordiales, que l'on retrouve dans le hadith cité plus haut.
· La création par la Parole ("Dieu dit").
Cependant, du point de vue islamique, ce récit tel qu'il nous est parvenu appelle plusieurs remarques :
1. Le "repos" de Dieu le septième jour : La Torah mentionne que Dieu "se reposa" le septième jour de toute son œuvre. Le Coran corrige explicitement cette conception anthropomorphique en affirmant : "Nous avons créé les cieux, la terre et ce qui existe entre eux en six jours, sans aucune fatigue." (Coran, 50:38)
2. La chronologie : La Torah présente une séquence (lumière, ciel, terre végétale, astres, poissons et oiseaux, animaux terrestres, homme) qui diffère sur certains points de ce que la science moderne a établi, et que le Coran, dans sa formulation plus générale, ne contredit pas de la même manière.
3. Le nom de Dieu : La Torah utilise différents noms pour désigner Dieu (Elohim, YHWH, Adonaï), tandis que le Coran insiste sur l'unicité absolue du nom divin : Allah.
Il est intéressant de noter que de nombreux exégètes musulmans classiques ont étudié la Torah de leur époque pour y trouver des annonces de la venue du Prophète Mohammed (paix et salut sur lui), conformément au verset : "Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Torah et l'Évangile" (Coran, 7:157) ---
1.3. La Parole Créatrice dans l'Évangile de Jésus : "Au commencement était le Verbe" (Jean 1:1)
L'Évangile selon Jean, l'un des quatre Évangiles canoniques du Nouveau Testament, s'ouvre sur un prologue théologique d'une grande profondeur qui résonne avec la conception islamique de la Parole créatrice de Dieu.
"Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui." (Jean 1:1-3)
Ce texte, dans la tradition chrétienne, est interprété comme une affirmation de la divinité de Jésus, identifié au "Verbe" (Logos) éternel. Du point de vue islamique, plusieurs éléments méritent d'être soulignés :
Points de convergence avec l'islam
1. La création par la Parole : L'idée que Dieu crée par Sa Parole est centrale dans le Coran. Lorsqu'Il veut une chose, Il dit simplement "Sois" et elle est. "Quand Il décide une chose, Il dit seulement : 'Sois' et elle est." (Coran, 2:117)
2. Jésus comme "Parole de Dieu" :
Le Coran lui-même désigne Jésus comme étant "Sa Parole" (Kalimatuhu) qu'Il jeta en Marie. "Ô Marie ! Voilà que Dieu t'annonce une parole de Sa part : son nom sera le Messie Jésus, fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l'au-delà, et l'un des rapprochés (de Dieu)." (Coran, 3:45)
Points de divergence fondamentaux
1. La nature de Jésus : L'Évangile de Jean affirme que "le Verbe était Dieu". L'islam rejette catégoriquement toute idée de divinité de Jésus, qui est un prophète et un serviteur aimé de Dieu, mais pas Dieu Lui-même. "Ô gens du Livre ! N'exagérez pas dans votre religion et ne dites sur Dieu que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager de Dieu, Sa parole qu'Il jeta en Marie, et un esprit [procédant] de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers, et ne dites pas : 'Trois'. Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Dieu n'est qu'un Dieu unique." (Coran, 4:171)
2. L'unicité absolue : L'islam insiste sur le Tawhid, l'unicité absolue de Dieu, qui ne peut être partagée avec personne. La conception chrétienne de la Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit) est perçue par l'islam comme une altération du pur monothéisme enseigné par tous les prophètes, y compris Jésus lui-même.
Le prologue de Jean, dans sa formulation actuelle, témoigne donc d'une conception élevée de la Parole créatrice, mais mêlée, du point de vue islamique, à des ajouts doctrinaux postérieurs qui ne peuvent être attribués au message originel de Jésus (que la paix soit sur lui). ---
1.4. Les Psaumes de David : La Célébration de l'Ordre Cosmique (Zabur)
Les Psaumes (Zabur en arabe) sont un recueil de chants, de prières et de louanges attribués au prophète David (Daoud, que la paix soit sur lui). Le Coran mentionne leur révélation : "Et Nous avons donné à David le Zabur (les Psaumes)." (Coran, 4:163)
Dans la tradition islamique, David est un prophète-roi, connu pour sa voix magnifique, sa justice et sa dévotion. Les Psaumes, tels qu'ils nous sont parvenus dans la Bible hébraïque et chrétienne, contiennent de magnifiques passages de contemplation de la création, qui résonent profondément avec l'esprit coranique.
La louange cosmique
Le Psaume 19 est un exemple frappant de cette célébration de l'ordre cosmique : "Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue céleste annonce l'œuvre de ses mains. Le jour en instruit le jour, la nuit en donne connaissance à la nuit. Ce n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles, leur voix n'est point entendue ; mais leur retentissement parcourt toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde." (Psaume 19:1-5)
Ce passage évoque l'idée que la création elle-même est un livre ouvert, un discours silencieux mais universel qui proclame la gloire du Créateur. Le Coran exprime la même idée à maintes reprises : "Les sept cieux et la terre et ceux qui s'y trouvent Le glorifient. Et il n'y a rien qui ne célèbre Ses louanges, mais vous ne comprenez pas leur glorification." (Coran, 17:44)
La puissance créatrice
Le Psaume 33 chante la puissance créatrice de Dieu par Sa parole : "Les cieux ont été faits par la parole de l'Éternel, et toute leur armée par le souffle de sa bouche. Il amoncelle en un tas les eaux de la mer, il met dans des réserves les abîmes. Que toute la terre craigne l'Éternel ! Que tous les habitants du monde tremblent devant lui ! Car il dit, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe." (Psaume 33:6-9)
On retrouve ici l'idée de la création par la parole et l'ordre divins, que le Coran exprime par le Kun fayakun ("Sois ! Et il est").
Le discernement islamique
Du point de vue islamique, ces textes, dans leur version actuelle, contiennent une sagesse profonde qui s'accorde avec le message coranique. Ils témoignent d'une spiritualité authentique, d'une contemplation sincère de la création, et d'une louange du Dieu unique. C'est pourquoi les musulmans peuvent les lire avec respect et y puiser une inspiration spirituelle, tout en gardant à l'esprit que leur transmission n'a pas été préservée avec la même garantie d'authenticité que le Coran.
Certains Psaumes, cependant, contiennent des imprécations violentes ou des demandes de vengeance qui peuvent heurter la sensibilité islamique, attachée à l'image d'un Dieu infiniment miséricordieux. Ces passages sont précisément de ceux qui, pour un musulman, trahissent une intervention humaine dans le texte original. ---
1.5. Regards Croisés : L'univers comme signe (ayah) de Dieu et son expansion face aux modèles cosmologiques modernes
Après avoir parcouru les textes sacrés, il nous faut maintenant les confronter aux découvertes de la science moderne. Non pour prouver le Coran par la science ou vice-versa, mais pour montrer comment la Révélation et l'observation du monde peuvent s'éclairer mutuellement.
L'univers comme "signe" (ayah)
Le Coran utilise le terme ayah (pluriel ayat) pour désigner à la fois ses versets et les phénomènes de l'univers. Ce choix linguistique est lourd de sens : le monde naturel est comme un livre de signes à déchiffrer, tout comme le Livre révélé. Chaque galaxie, chaque cellule, chaque atome est un signe qui renvoie à son Créateur. "Nous leur montrerons Nos signes dans l'univers et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que ceci (le Coran) est la vérité." (Coran, 41:53)
Cette vision fait de l'étude de la nature un acte spirituel. Le scientifique qui contemple l'univers avec humilité et émerveillement est, sans le savoir peut-être, en train de lire les "versets cosmiques" de Dieu.
L'expansion de l'univers : Coran et cosmologie
Nous avons cité plus haut le verset 51:47 sur l'expansion du ciel. Ce verset a frappé de nombreux scientifiques musulmans contemporains lorsque la théorie de l'expansion de l'univers a été confirmée.
· Le modèle du Big Bang : La science moderne nous apprend que l'univers a eu un commencement il y a environ 13,8 milliards d'années, à partir d'un état infiniment dense et chaud (une "singularité"). Cette idée d'un commencement absolu, qui heurtait encore certains scientifiques athées du XXe siècle (comme Fred Hoyle qui proposa la théorie concurrente de l'état stationnaire), est parfaitement en accord avec l'enseignement coranique d'une création ex nihilo.
· L'expansion continue : Les mesures astronomiques montrent que les galaxies s'éloignent les unes des autres, et que ce mouvement d'expansion s'accélère même sous l'effet de l'énergie noire. L'univers est donc en expansion constante, comme le suggère le verbe au présent continu dans le Coran.
Les limites du concordisme
Il faut cependant être prudent et éviter un concordisme naïf qui consisterait à trouver dans le Coran toutes les découvertes scientifiques modernes. Le Coran n'est pas un livre de science, mais un livre de signes. Il donne des indications, des orientations, des clés de compréhension, mais il ne détaille pas les mécanismes physiques de l'univers.
Par exemple, le Coran mentionne la création des cieux et de la terre en "six jours" (ayyam). Ce terme peut signifier des périodes, des ères, des âges cosmiques, et non nécessairement des journées de 24 heures. Les exégètes musulmans ont toujours discuté de cette question, bien avant la science moderne.
La création continue
Un autre point de convergence fascinant entre la vision coranique et la physique moderne est l'idée d'une création continue. Dieu ne se contente pas d'avoir créé l'univers à un moment donné pour l'abandonner ensuite. Il le soutient à chaque instant dans l'existence. "Et parmi Ses signes, il y a que le ciel et la terre subsistent par Son ordre." (Coran, 30:25)
Cette idée rejoint, sur le plan métaphysique, ce que les physiciens observent : l'univers n'est pas un mécanisme d'horlogerie qui tournerait tout seul une fois remonté. Il est dynamique, en évolution constante, et ses lois elles-mêmes semblent finement ajustées pour permettre l'émergence de la vie et de la conscience.
L'homme, observateur privilégié
La science moderne a découvert ce que les physiciens appellent le "principe anthropique" : les constantes fondamentales de l'univers (vitesse de la lumière, constante de gravitation, masse des particules élémentaires) sont si précisément ajustées que la moindre variation rendrait la vie impossible. Comme si l'univers avait été "programmé" dès le début pour que l'homme puisse un jour y apparaître et l'observer.
Le Coran exprime cette idée à sa manière : "Et Il vous a assujetti tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre, le tout venant de Lui. Il y a là des signes pour des gens qui réfléchissent." (Coran, 45:13)
L'univers n'est pas un chaos indifférent. Il est ordonné, cohérent, et semble comme "préparé" pour accueillir l'humanité. L'homme, vice-gérant sur terre, est à la fois le produit de cet ajustement cosmique et son observateur conscient. ---
Conclusion du Chapitre 1
L'acte créateur originel est le fondement de tout ce qui existe. À travers les différentes traditions révélées, nous voyons émerger des constantes :
· Un commencement absolu : L'univers n'est pas éternel, il a eu un début.
· Une création par la Parole : Dieu crée par Son commandement, par Sa volonté.
· Un ordre et une finalité : L'univers n'est pas un chaos, mais un cosmos, c'est-à-dire un ordre beau et harmonieux.
· L'homme comme destinataire : La création est un livre de signes adressé à l'humanité, pour l'inviter à connaître et à adorer son Créateur.
Le Coran apporte sur tous ces points un éclairage à la fois précis et profond, qui résume, corrige et parachève ce qui a été révélé avant lui. La science moderne, dans ses plus belles découvertes, ne fait que confirmer cette intuition fondamentale : l'univers a une histoire, il est en expansion, il est régi par des lois, et il porte en lui les traces de son Origine.
Comme le dit si bien un dicton soufi : "Le cosmos est un livre dont chaque lettre est un signe, dont chaque page est un monde, et dont l'auteur est l'Unique." ---
Dans le prochain chapitre, nous explorerons la structure du temps et de l'espace, le rôle du soleil et de la lune comme calcul pour les hommes, et la conception cosmologique des "sept cieux" dans la tradition islamique.
CHAPITRE II : LE MONDE – L'HISTOIRE DES MILLÉNAIRES
---Chapitre 2 : L'Humanité Avant l'Islam
2.1. Le Jeûne chez les Anciens : Des pratiques préislamiques à la tradition d'Abraham
Le jeûne, en tant que pratique spirituelle, ne commence pas avec l'islam. Il constitue une constante anthropologique que l'on retrouve dans toutes les grandes civilisations et traditions religieuses. Cette universalité est d'ailleurs attestée par le Coran lui-même, qui affirme clairement que le jeûne était prescrit aux communautés antérieures : "Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés. Ainsi atteindrez-vous la piété (taqwa)." (Coran, 2:183)
Ce verset établit une continuité spirituelle entre la communauté musulmane et les nations qui l'ont précédée. Le jeûne n'est pas une innovation, mais la continuation d'une tradition millénaire dont les racines plongent jusqu'aux origines de l'humanité.
Le jeûne dans l'Égypte ancienne
Les traces les plus anciennes de pratiques de jeûne remontent à l'Égypte pharaonique. Les prêtres du temple, avant de pénétrer dans les espaces sacrés, devaient observer des périodes d'abstinence. Les textes hiéroglyphiques mentionnent des rites de purification impliquant la privation de nourriture et de certains aliments jugés impurs. Ces pratiques étaient liées à la préparation au culte et à la recherche de visions prophétiques.
Le jeûne égyptien, comme celui prescrit dans l'islam, comportait une dimension de purification rituelle : s'abstenir pour être digne de s'approcher du sacré. Cette intuition ancienne traverse les siècles jusqu'au Coran.
Le jeûne en Mésopotamie
Dans les civilisations sumérienne, akkadienne et babylonienne, le jeûne était pratiqué lors de jours d'expiation et de deuil. Le célèbre récit de Gilgamesh, l'une des plus anciennes épopées de l'humanité, mentionne des périodes de jeûne observées par les héros et les rois en quête de sagesse.
Les tablettes cunéiformes décrivent des rites où le roi, revêtu d'un habit de pénitence, s'abstenait de manger et de boire pour apaiser la colère des dieux et obtenir des oracles favorables. Ces pratiques attestent d'une conception ancienne : le jeûne est un langage de l'humilité devant le divin.
Le jeûne chez les Grecs et les Romains
Dans l'Antiquité classique, le jeûne était associé aux mystères religieux. Les initiés aux mystères d'Éleusis devaient observer un jeûne préalable avant de recevoir les enseignements ésotériques. Pythagore, le philosophe et mathématicien, imposait à ses disciples des règles d'abstinence alimentaire considérées comme propices à l'élévation spirituelle et à la purification de l'âme.
Les Romains, quant à eux, observaient des jours de jeûne lors des deuils publics et des cérémonies d'expiation. Sénèque, le philosophe stoïcien, voyait dans le jeûne occasionnel une école de modération et de maîtrise de soi.
Le jeûne dans la tradition hébraïque (Torah)
La tradition hébraïque, qui nous est transmise par la Torah, accorde une place centrale au jeûne. Le Yom Kippour, le "Jour des Expiations", est prescrit dans le Lévitique comme un jeûne obligatoire :
"Ce sera pour vous un jour de repos complet ; vous jeûnerez (vous affligerez vos âmes). C'est une loi perpétuelle." (Lévitique 16:31)
Ce verset, tel qu'il nous est parvenu dans la Torah, établit un jeûne annuel d'expiation collective. Dans la tradition islamique, ce jeûne est considéré comme ayant été prescrit à Moïse (Moussa, que la paix soit sur lui) et à son peuple, mais sa forme et son sens auraient subi des altérations au cours du temps.
La tradition juive connaît également d'autres jeûnes commémoratifs : le 9 Av en souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem, le jeûne d'Esther, et d'autres jours de pénitence. Le jeûne dans l'Évangile et la tradition chrétienne primitive L'Évangile, dans la version qui nous est parvenue, mentionne à plusieurs reprises la pratique du jeûne par Jésus ('Issa, que la paix soit sur lui). L'Évangile selon Matthieu rapporte que Jésus jeûna quarante jours et quarante nuits dans le désert, avant de commencer sa mission prophétique : "Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim." (Matthieu 4:2) Ce récit présente une similitude frappante avec le jeûne de Moïse sur le mont Sinaï et celui que le Prophète Mohammed (paix et salut sur lui) observera plus tard. La période de quarante jours (ou quarante nuits) apparaît comme une constante symbolique dans les traditions abrahamiques. Jésus, selon l'Évangile, enseigna le jeûne comme une pratique à observer dans le secret et la sincérité, sans ostentation. Il réprimanda ceux qui jeûnaient pour paraître pieux devant les hommes. Cette dimension de sincérité intérieure (ikhlas) est centrale dans l'enseignement islamique du jeûne de Ramadan. Les premiers chrétiens, notamment les communautés monastiques du désert égyptien, développèrent une tradition de jeûne intensive, parfois prolongée, comme moyen de lutte spirituelle et de recherche de Dieu. Le jeûne dans la tradition arabe préislamique (Jahiliya) Avant l'avènement de l'islam, la péninsule arabique connaissait déjà des pratiques de jeûne, bien qu'elles ne fussent pas institutionnalisées. Les Arabes polythéistes observaient parfois des périodes d'abstinence en lien avec le culte des idoles, notamment dans le sanctuaire de La Mecque (al-Ka'ba). Le mois de Ramadan, dans son nom même, était connu des Arabes préislamiques. Certains récits historiques indiquent que les Quraysh, la tribu dominante de La Mecque, observaient un jeûne le jour d''Ashura (10e jour du mois de Muharram) et que d'autres tribus pratiquaient des jeûnes ponctuels en temps de sécheresse ou lors de rites spécifiques. Cependant, c'est l'islam qui vint structurer et institutionnaliser le jeûne, en lui donnant un sens précis, une durée déterminée (le mois entier de Ramadan), des règles claires, et une finalité spirituelle explicite : le développement de la piété (taqwa). Abraham (Ibrahim), modèle commun Le personnage d'Abraham (Ibrahim, que la paix soit sur lui) occupe une place centrale dans toutes les traditions abrahamiques. Le Coran le présente comme un modèle de soumission à Dieu et comme celui qui a établi les rites sacrés, dont le jeûne fait partie intégrante : "Abraham était un guide (imam), soumis à Dieu, exclusivement dévoué à Lui. Il n'était point du nombre des associateurs." (Coran, 16:120) Dans la tradition islamique, Abraham est considéré comme le père commun des croyants, celui qui a reconstruit la Ka'ba et qui a institué les rites du pèlerinage et du jeûne. Le Prophète Mohammed (paix et salut sur lui) a dit : "Je suis le plus proche des hommes à Abraham, fils d'Abraham, dans ce monde et dans l'au-delà." (Hadith rapporté par Ahmad) Cette filiation spirituelle établit une continuité ininterrompue du jeûne depuis Abraham jusqu'à la communauté musulmane. Le Ramadan n'est pas seulement un mois de jeûne ; c'est une tradition qui remonte aux origines mêmes du monothéisme abrahamique. --- 2.2. Le Sens Étymologique de "Ramadan" : La "chaleur brûlante" et ses interprétations Le nom même du mois sacré, "Ramadan", porte en lui des significations profondes qui éclairent la nature de ce temps béni. L'origine du mot Le terme "Ramadan" (رمضان) dérive de la racine arabe r-m-d (ر-م-ض), qui évoque l'idée de chaleur intense, de brûlure, de soif ardente. Le ramad désigne la chaleur du sable brûlant sous le soleil, une chaleur qui dessèche tout, qui fait fondre, qui consume. Ce mois fut ainsi nommé parce qu'il tombait, dans le calendrier arabe ancien, en pleine période de canicule, lorsque les chaleurs estivales étaient à leur apogée. Le Prophète (paix et salut sur lui) a expliqué ce nom : "Ils ont nommé Ramadan parce qu'il brûle les péchés." (Rapporté par Ahmad et al-Bayhaqi) Les interprétations spirituelles du nom Les savants musulmans ont tiré de cette étymologie des enseignements profonds : Première interprétation : la brûlure des péchés. Tout comme la chaleur intense consume ce qu'elle touche, le mois de Ramadan consume les péchés de celui qui l'observe avec sincérité. Le jeûne, la prière, la charité et la récitation du Coran opèrent une purification spirituelle qui efface les fautes. Le Prophète a dit : "Les cinq prières, le vendredi jusqu'au vendredi suivant, et le Ramadan jusqu'au Ramadan suivant, sont une expiation pour ce qui se passe entre eux, tant que l'on évite les péchés majeurs." (Hadith rapporté par Muslim) Deuxième interprétation : la soif ardente de l'âme. La chaleur évoque la soif physique que le jeûneur endure du lever au coucher du soleil. Mais cette soif est le signe visible d'une soif plus profonde : celle de l'âme qui aspire à Dieu, celle du cœur qui brûle d'amour pour son Créateur. Le poète soufi Rabi'a al-'Adawiyya exprimait cette quête ardente : "Mon Dieu, si je T'adore par peur de l'Enfer, brûle-moi dans l'Enfer. Si je T'adore par désir du Paradis, prive-moi du Paradis. Mais si je T'adore pour Toi seul, ne me prive pas de la vision de Ta Face." Troisième interprétation : la chaleur de la foi. Le jeûne, en imposant à l'âme une discipline rigoureuse, réchauffe la foi qui peut s'être refroidie au cours de l'année. Il est un rappel intense de l'engagement du croyant, une mise en feu de la spiritualité. Quatrième interprétation : la transformation par l'épreuve. Comme le métal est chauffé au feu pour être purifié de ses scories, le croyant est "chauffé" par les épreuves du jeûne (faim, soif, fatigue) pour que son âme se purifie et que son caractère se sublime. Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : "Certes, le jeûne est une protection (junnah)." (Hadith rapporté par al-Bukhari et Muslim) Le jeûne protège comme une armure, mais aussi comme une forge : il trempe l'âme et la rend plus forte. Le décalage du calendrier lunaire Le calendrier islamique étant lunaire (354 jours environ, soit 11 jours de moins que le calendrier solaire), le mois de Ramadan parcourt toutes les saisons sur un cycle d'environ 33 ans. Ainsi, sur une vie humaine, un musulman jeûnera à toutes les saisons : hiver, printemps, été, automne. Cette mobilité du Ramadan à travers les saisons a plusieurs significations : 1. L'universalité de l'épreuve : Chaque saison a ses difficultés propres. Jeûner en été avec la chaleur et la longueur des jours est différent de jeûner en hiver avec le froid et la brièveté des jours. Le croyant expérimente ainsi la diversité de la création et l'universalité de la soumission à Dieu. 2. L'égalité spirituelle : Nul ne peut s'habituer complètement au jeûne dans une seule saison confortable. La rotation assure que tous, à un moment ou à un autre, connaissent l'épreuve sous ses différentes formes. 3. La miséricorde divine : Le Coran précise que le jeûne est prescrit, mais avec des facilités pour ceux qui sont en voyage ou malades. Le décalage du calendrier rappelle que la religion est aisance, non contrainte excessive. --- 2.3. Les Arabes avant l'Islam (Jahiliya) : Le calendrier lunaire, les mois sacrés et l'existence du mois de "Ramadan" Pour comprendre pleinement le sens du Ramadan dans l'islam, il faut connaître le contexte dans lequel il a été institué. L'Arabie préislamique, souvent appelée Jahiliya ("temps de l'ignorance"), avait ses propres traditions, son propre calendrier, et une connaissance du mois de Ramadan qui sera ensuite investi d'un sens nouveau par la Révélation. Le calendrier lunaire arabe Les Arabes préislamiques utilisaient déjà un calendrier lunaire, fondé sur l'observation des phases de la lune. L'année lunaire comporte douze mois de 29 ou 30 jours. Le Coran confirmera ce comput : "Le nombre de mois, auprès de Dieu, est de douze, dans le Livre de Dieu, le jour où Il créa les cieux et la terre." (Coran, 9:36) Les noms des mois lunaires étaient déjà établis : Muharram, Safar, Rabi' al-Awwal, Rabi' al-Thani, Jumada al-Ula, Jumada al-Thaniya, Rajab, Sha'ban, Ramadan, Shawwal, Dhu al-Qi'dah, Dhu al-Hijjah. Le problème du nasi' (intercalation) Pour maintenir l'année lunaire en phase avec les saisons (nécessaires pour le pèlerinage et le commerce), les Arabes préislamiques pratiquaient le nasi', c'est-à-dire l'intercalation d'un mois supplémentaire tous les deux ou trois ans. Cette pratique permettait de décaler artificiellement le calendrier lunaire pour l'aligner sur le calendrier solaire. Le Coran interdira cette pratique en la condamnant comme une altération du comput divin : "Le report (nasi') d'un mois sacré est un surcroît de mécréance, par lequel les mécréants sont égarés." (Coran, 9:37) L'islam rétablit le calendrier lunaire pur, sans intercalation, faisant ainsi du mois de Ramadan une période qui circule à travers toutes les saisons, comme nous l'avons expliqué. Les mois sacrés dans l'Arabie préislamique Les Arabes païens observaient quatre mois sacrés (Dhu al-Qi'dah, Dhu al-Hijjah, Muharram, Rajab), durant lesquels ils suspendaient les hostilités et respectaient une trêve sacrée. Le pèlerinage (hajj) avait lieu pendant ces mois, notamment à Dhu al-Hijjah. Le mois de Ramadan, quant à lui, n'était pas considéré comme sacré avant l'islam, bien qu'il fût connu. C'est l'islam qui viendra conférer à ce mois une sainteté particulière, en le désignant comme le mois du jeûne obligatoire et celui de la descente du Coran. La connaissance du jeûne chez les Arabes préislamiques Si les Arabes de la Jahiliya ne jeûnaient pas le mois entier de Ramadan, ils connaissaient cependant certaines pratiques ascétiques. Certains récits mentionnent que les Quraysh jeûnaient le jour d''Ashura (10 Muharram), en commémoration de traditions remontant à Abraham. Le Prophète Mohammed (paix et salut sur lui), avant même la révélation du Coran, pratiquait déjà des jeûnes, notamment le jour d''Ashura. Cette pratique témoigne de la continuité entre la tradition abrahamique ancestrale et l'islam qui viendra la parfaire. Le Ramadan dans les traditions préislamiques Il est rapporté dans certaines sources historiques que le mois de Ramadan était associé, dans la péninsule arabique, à des périodes de retraite spirituelle (i'tikaf) pratiquées par quelques rares monothéistes (hunafa') qui refusaient l'idolâtrie ambiante. Ces hunafa', à l'image d'Abraham, cherchaient la vérité au-delà des polythéismes de leurs tribus. Le Prophète Mohammed lui-même, avant sa mission prophétique, avait l'habitude de se retirer dans la grotte de Hira' pendant le mois de Ramadan, y méditant et cherchant la vérité. C'est là, précisément pendant ce mois, que lui fut révélé le premier verset du Coran. La continuité est frappante : le Ramadan était déjà, pour les rares chercheurs de vérité, un temps privilégié de retraite et de quête spirituelle. L'islam viendra institutionnaliser et universaliser cette pratique. --- 2.4. L'Attente Prophétique : L'Humanité en Quête du Message Final Avant l'avènement de l'islam, l'humanité, selon la vision coranique, n'avait pas été abandonnée sans guide. Des prophètes étaient venus dans toutes les nations, portant des messages adaptés à leurs peuples. Mais ces messages, au fil du temps, avaient été altérés, oubliés ou détournés. L'humanité attendait une révélation finale, universelle et préservée. Les prophètes dans le Coran Le Coran mentionne vingt-cinq prophètes par leur nom, mais affirme qu'il y en eut bien d'autres, envoyés à toutes les nations : "Nous avons envoyé des Messagers avant toi. Il en est dont Nous t'avons raconté l'histoire, et il en est dont Nous ne t'avons pas raconté l'histoire." (Coran, 40:78) Chaque prophète vint avec le même message fondamental : l'unicité de Dieu (tawhid), l'appel à l'adoration exclusive du Créateur, et l'annonce du Jugement dernier. Mais leurs lois (shara'i') pouvaient varier selon les peuples et les époques. Le judaïsme et le christianisme au moment de l'avènement de l'islam Au VIe siècle de notre ère, la péninsule arabique était entourée de deux grandes civilisations monothéistes : l'Empire byzantin chrétien au nord-ouest et l'Empire sassanide zoroastrien au nord-est, avec des communautés juives importantes en Arabie, notamment à Yathrib (Médine) et à Khaybar. Le judaïsme et le christianisme, bien que monothéistes, étaient perçus par le Coran comme ayant dévié du message originel de leurs prophètes. Le judaïsme avait, selon la perspective islamique, introduit des restrictions excessives et s'était écarté de la pureté de la loi de Moïse. Le christianisme avait, quant à lui, divinisé Jésus et introduit le dogme de la Trinité, s'éloignant ainsi du monothéisme pur enseigné par tous les prophètes. "Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines pour seigneurs en dehors de Dieu, ainsi que le Messie, fils de Marie. Cependant, il ne leur a été commandé que d'adorer un Dieu unique." (Coran, 9:31) Les hunafa' : Les chercheurs de vérité Dans l'Arabie préislamique, en dépit de la prédominance du polythéisme, quelques hommes et femmes refusaient l'idolâtrie et cherchaient la religion d'Abraham. Ils étaient appelés hunafa' (singulier hanif), terme qui désigne celui qui se détourne du polythéisme pour s'orienter vers le monothéisme pur. Parmi ces hunafa' célèbres, on peut citer : · Waraqa ibn Nawfal : cousin de Khadija, la première épouse du Prophète. Chrétien érudit, il avait traduit une partie de l'Évangile en arabe. Il fut le premier à reconnaître la prophétie de Mohammed lorsque celui-ci reçut la première révélation. · Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl : contemporain du Prophète avant sa mission, il refusait de manger ce qui était sacrifié aux idoles et proclamait : "J'adore le Seigneur d'Abraham." · 'Uthman ibn al-Huwayrith et Ubayd Allah ibn Jahsh : également en quête de la religion véritable. Ces hunafa' représentaient une attente diffuse dans la société arabe : l'espoir qu'un prophète vienne enfin apporter le message complet et pur, conforme à la religion d'Abraham. L'annonce du Prophète à venir dans les Écritures antérieures Le Coran affirme que les prophètes antérieurs, notamment Moïse et Jésus, avaient annoncé la venue du Prophète Mohammed (paix et salut sur lui) : "Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Torah et l'Évangile." (Coran, 7:157) Dans les textes bibliques tels qu'ils nous sont parvenus, certains passages sont interprétés par la tradition islamique comme des annonces prophétiques, notamment le chapitre 42 du Livre d'Isaïe, le chapitre 14 de l'Évangile selon Jean (l'annonce du "Consolateur" ou "Paraclet"), et le chapitre 33 du Deutéronome. Bien que la tradition juive et chrétienne n'accepte pas ces interprétations, elles témoignent, du point de vue islamique, que l'humanité n'a jamais été dépourvue de l'espoir d'un dernier guide. --- 2.5. Le Contexte de la Révélation du Coran : Le Ramadan comme Mois de la Guidance C'est dans ce contexte historique, religieux et spirituel que survient l'événement fondateur de l'islam : la descente du Coran pendant le mois de Ramadan. La première révélation (Laylat al-Qadr) L'année 610 de l'ère chrétienne, le Prophète Mohammed (paix et salut sur lui), alors âgé de quarante ans, se retirait chaque année dans la grotte de Hira', sur le mont Nur, près de La Mecque. Il y méditait sur le sens de la vie, sur l'état de sa société et sur la quête du vrai. Ce fut pendant le mois de Ramadan, selon la tradition un vendredi soir de ce mois, que l'archange Gabriel (Jibril, paix sur lui) lui apparut et lui révéla les premiers versets du Coran : "Lis ! Au nom de ton Seigneur qui a créé. Qui a créé l'homme d'une adhérence (alaq). Lis ! Ton Seigneur est le Très Généreux. Qui a enseigné par le calame. A enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas." (Coran, 96:1-5) Cette nuit fut nommée Laylat al-Qadr (la Nuit du Destin ou de la Puissance). Le Coran lui consacre une sourate entière : "Nous l'avons fait descendre (le Coran) pendant la Nuit du Destin. Et qui te dira ce qu'est la Nuit du Destin ? La Nuit du Destin est meilleure que mille mois. Les anges et l'Esprit (Gabriel) y descendent, par la permission de leur Seigneur, pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu'à l'apparition de l'aube." (Coran, 97:1-5) Le verset sur l'institution du jeûne de Ramadan Le jeûne de Ramadan ne fut pas institué immédiatement après la première révélation. Il fut prescrit plus tard, après l'Hégire (émigration) à Médine, lorsque la communauté musulmane fut suffisamment établie. Le verset central qui institue le jeûne est le suivant : "Le mois de Ramadan est celui au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les hommes, et comme preuves de la direction et du discernement (entre le vrai et le faux). Quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne donc. Et quiconque est malade ou en voyage, qu'il jeûne un nombre équivalent d'autres jours. Dieu veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté." (Coran, 2:185) Ce verset établit un lien indissoluble entre le Ramadan, le Coran et le jeûne. Le mois est sacré parce qu'il est celui de la révélation du Livre. Le jeûne est prescrit en gratitude pour ce don suprême et comme moyen de s'ouvrir pleinement à sa guidance. La sagesse du jeûne dans ce contexte Le Coran donne lui-même la finalité du jeûne : la piété (taqwa). Mais dans le contexte de la révélation, cette piété prend un sens particulier. Le jeûne est une école de : · Gratitude : Pour le don du Coran, pour la guidance, pour la miséricorde divine. · Humilité : Face à Dieu qui a parlé aux hommes par Son Livre. · Disponibilité : Le corps discipliné par le jeûne, l'esprit peut mieux se concentrer sur la lecture et la méditation du Coran. · Communauté : Le jeûne est observé collectivement, renforçant le lien entre les croyants et leur conscience d'appartenir à une umma (communauté) unie par le Livre. --- Conclusion du Chapitre 2 L'histoire de l'humanité avant l'islam n'est pas celle d'un vide spirituel. Des prophètes sont venus, des messages ont été révélés, des pratiques de jeûne ont été prescrites. L'islam, en instituant le jeûne de Ramadan, ne fait pas table rase du passé : il parachève, purifie et universalise ce qui existait avant lui. Le Ramadan, par son nom même qui évoque la chaleur brûlante, rappelle que la foi est une passion ardente, que la purification passe par l'épreuve, et que le souvenir du Coran doit consumer les cœurs. Le contexte de la révélation nous apprend que l'humanité attendait ce message final. Le Coran descendit pendant ce mois béni, et le jeûne fut prescrit en reconnaissance et pour permettre aux croyants de s'ouvrir pleinement à cette guidance. Ainsi, le Ramadan n'est pas seulement un mois de jeûne : c'est un mois de mémoire, de gratitude et de renouvellement de l'alliance avec le Créateur, dans la continuité des prophètes qui nous ont précédés et dans l'attente de la rencontre finale avec Lui. --- Dans le prochain chapitre (Chapitre 3 : La Révélation des Livres dans l'Histoire), nous explorerons en détail les différents livres sacrés (Suhuf d'Abraham, Torah de Moïse, Psaumes de David, Évangile de Jésus) et leur lien avec le Coran, avant d'aborder les grands événements historiques qui ont marqué le mois de Ramadan.
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